Pourquoi vous ne trouverez pas les produits Artisans du Monde dans les magasins de la grande distribution
Par ce que l’association des termes « grande distribution » et « commerce équitable » n’est pas évidente….
-- Les grandes surfaces pratiquent le système des marges arrières.
C’est à dire que les fournisseurs qui proposent leurs produits dans ce genre de magasin doivent payer une taxe pour avoir le droit à certains privilèges, une campagne promotionnelle, un espace privilégié en tête de gondole ou dans des rayonnages réservés. De plus cette taxe augmente régulièrement selon le bon vouloir de ces grandes surfaces.
Ce système est complètement incompatible avec la transparence que requiert le commerce équitable et avec le type d’échanges défendu par le commerce équitable.
--Les grandes surfaces utilisent le phénomène de mode du commerce équitable pour se donner une bonne image de marque. Elles attirent un certain nombre de consommateurs sensibilisés au commerce équitable ou comme 81% des français en ayant déjà entendu parler (sondage Ipsos). Fortes de cette nouvelle consommation, elles tentent de faire baisser les prix auprès des fournisseurs du commerce équitable, en menaçant de créer leur propre marque de distribution. On peut imaginer les conséquences sociales et économiques sur les petits producteurs eux-mêmes.
--Les fournisseurs des grandes surfaces se situent dans « la filière de produits labellisés ».
La fédération Artisans du Monde, avec sa centrale d’achat Solidar’Monde, se situe dans « la filière intégrée », où toutes les étapes relèvent des principes du commerce équitable. Tout le processus doit respecter les critères du commerce équitable, que ce soit au niveau de la production, de la transformation des matières premières (par exemple en ce qui concerne la torréfaction du café) du conditionnement, de la distribution.
Les promoteurs du commerce équitable conscients du risque que pourrait révéler cette diversité de comportements face au commerce équitable, s’organisent en réseaux au niveau européen et international. Outre leur rôle de concertation, ces réseaux permettent d’être reconnus comme interlocuteurs par les pouvoirs publics et les instances internationales.
--Les grandes surfaces semblent parfois ignorer le code du travail. Il suffit d’entendre actuellement les revendications des caissières ou des employés de ces grands surfaces qui réclament des vrais contrats de travail, des conditions de travail adaptées et qui réagissent contre un manque de respect total envers la personne humaine. Le commerce équitable, quant à lui se doit de respecter les droits internationaux du travail.
--Les grandes surfaces n’ont pas une vocation éducative au commerce équitable. Les informations sont éventuellement indiquées sur les paquets et données peut-être lors d’animations spéciales, mais ça se limite là.
La fédération Artisans du Monde, a comme objectif, outre la vente, l’éducation des citoyens au commerce équitable. Elle vise un changement de représentation, d’attitude et de comportement du citoyen allant dans le sens d’une consommation responsable, d’un renforcement de l’économie solidaire et de l’implication dans des mobilisations citoyennes.
Ce que nous voulons, ce n’est pas une ouverture du marché aux produits du commerce équitable, ce que nous voulons, c’est la remise en cause du commerce international tel qu’il se pratique en créant des milliards de pauvres.
Nous demandons la mise en œuvre de règles commerciales plus justes, que ce soit au niveau européen et international.
Les pionniers du commerce équitable, comme l’est la Fédération Artisans du Monde, ont d’emblée inscrit leur action dans la volonté de construire un monde plus juste et solidaire. Ils fondent leur engagement sur la participation aux dynamiques collectives et la compréhension des enjeux globaux. Ils misent sur l’éducation au développement et à la solidarité internationale ainsi que sur le plaidoyer et ne souhaitent pas réduire leur rôle à celui de « commerçants pour une juste cause ».
En utilisant les structures classiques du marché avec la grande distribution, l’autre filière a suscité des logiques économiques d’entreprises et a ouvert la porte à de puissants acteurs économiques ; ce que nous refusons.
Pour Artisans du Monde, Le commerce équitable montre qu’un autre type de commerce est possible et replace le développement humain au cœur du débat. Mais la route est longue….